Tatichek site dig

Des artéfacts qui révèlent de nouveaux éléments historiques

Un projet de recherche canadien vise à «boucler la boucle»


DERNIÈRE MISE À JOUR : 30 SEPTEMBRE 2022

Dans les profondeurs des forêts idylliques de la Colombie-Britannique, au Canada, des archéologues ont mis au jour des artéfacts qui pourraient nous éclairer sur la façon dont les humains ont migré et se sont établis sur le continent américain.

Ils pensent que le lac Tatichek était situé sur l’une des trois grandes routes migratoires qui ont amené les hommes de l’Alaska jusque dans le sud-ouest des États-Unis.

Un nouveau projet, dirigé par la Première Nation de Cheslatta Carrier avec notre soutien financier, vise la remise en état et la préservation de sites situés près du lac qui ont été révélés après que des incendies eurent ravagé le secteur en 2018.

L’équipe de recherche a déjà trouvé des milliers d’artéfacts, de traces d’anciens villages et de ressources traditionnelles, notamment des pointes de flèche et de lance et d’autres outils de pierre qui suggèrent une occupation à long terme.

Tatichek artefacts

Reprise d’un projet inachevé

Pour la Première Nation de Cheslatta Carrier, il s’agit de reprendre un projet qu’elle considérait comme « inachevé ».

En 1951, Alcan a amorcé la construction du barrage Kenney, qui a entraîné le déplacement de nombreux membres de la communauté de Cheslatta. À l’époque, Alcan avait remis 5 000 $ à l’Université de la Colombie-Britannique pour qu’elle mène une expédition d’urgence visant à documenter les sites touchés par la zone d’inondation du projet.

Mais le travail de l’équipe a été interrompu à peine un an plus tard lorsque le barrage a inondé le secteur. La Première Nation de Cheslatta Carrier estime que plus de 95 % des sites qu’elle avait cartographiés ont été perdus à jamais lorsqu’ils ont été engloutis par les eaux.

Bien que nous ne puissions jamais remplacer les ressources et les archives qui sont alors disparues, ce projet constitue un petit pas en avant pour documenter les sites qui subsistent et en apprendre le plus possible sur leur histoire et leur importance culturelle.

« Les traces d’anciens villages de Tatichek constituent les sites archéologiques les plus significatifs qui restent depuis la création du réservoir Nechako en 1952, dit Corrina Leween, chef de la Première Nation de Cheslatta Carrier.

« Grâce à ce soutien de Rio Tinto, nous pouvons maintenant approfondir notre connaissance de nos ancêtres ainsi que des anciennes habitudes d’occupation humaine sur le territoire de Cheslatta. »

Des découvertes vitales

Quand la Première Nation de Cheslatta Carrier nous a abordés pour cofinancer ce projet majeur, nous avons tout de suite été très enthousiastes.

C’est la communauté de Cheslatta qui dirige les recherches, auxquelles nous contribuons à hauteur de 2,8 millions de dollars CA : c’est le premier projet archéologique de cette ampleur que nous appuyons financièrement en Amérique du Nord.

À la lumière des récits générationnels qui se sont transmis, la communauté de Cheslatta croit que les anciens villages et leurs populations ont été frappés par une maladie généralisée qui s’est répandue dans la région – même le nom « Tatichek » qui désigne le lac signifie « eau malade ». L’équipe de projet espère que les fouilles permettront de déterminer quand et comment cette situation a pu se produire.

Jusqu’à présent, elle a identifié une centaine de sites et mis au jour des objets vieux de plus de 10 000 ans.

« Nous sommes fiers de travailler aux côtés de la Première Nation de Cheslatta Carrier pour appuyer cet important projet de recherche culturelle mené par des Autochtones, souligne Ivan Vella, chef de la direction, Rio Tinto Aluminium.

« Ce projet archéologique pourrait nous aider à mieux comprendre l’histoire de l’occupation humaine dans le bassin versant de Nechako et au-delà. Nous sommes convaincus qu’il profitera à la communauté de Cheslatta et à toutes les communautés autochtones de la région, et qu’il soutiendra nos efforts de réconciliation. »

Soutien aux recherches archéologiques

Nous collaborons avec des communautés autochtones partout dans le monde afin de contribuer à la préservation de leur culture.

Le projet du lac Tatichek représente notre plus important soutien d’un projet archéologique en Amérique du Nord jusqu’à présent. Mais en 2021, nous avons appuyé un autre projet archéologique en Saskatchewan, sous la direction d’un historien et d’un archéologue métis, sur le site d’une ancienne mission historique fondée par le prêtre autochtone Henry Budd.

En Australie, nous travaillons avec des communautés autochtones sur plusieurs projets archéologiques, comme notre entente de financement de cinq ans pour la recherche sur l’art rupestre aborigène, conclue en 2019 comme prolongation de notre partenariat de longue date avec l’Université d’Australie-Occidentale.

L’an dernier, nous avons collaboré avec des propriétaires traditionnels de la région du Pilbara, en Australie-Occidentale, lors de fouilles archéologiques menées dans la grotte de Yirra, sur le territoire des Yinhawangka, ce qui a permis de découvrir de nouvelles preuves remarquables qui font remonter la présence du peuple Yinhawangka dans le Pilbara à plus de 50 000 ans.

Les travaux d’excavation dirigés par les Yinhawangka, qui se sont échelonnés sur dix jours sur ce site de haute importance, ont permis de trouver des artéfacts en pierre, du charbon et d’autres éléments.

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